YVERDON-LES-BAINS
Ils ont pris possession de la gare, du jardin japonais et de la Marive. Kewin Vienet et Sullivan Brunet sont deux Yverdonnois adeptes du Parkour. Coup de projecteur sur une discipline acrobatique présente dans le monde entier.
CÉLINE DURUZ
Quel est le lien entre Kewin Vienet, jeune facteur de 19 ans, et Sullivan Brunet, ferblantier du même âge? Tous deux sont <<traceurs>>. Ce qui veut dire qu'ils sont adeptes d'une discipline à la mode, le Parkour - avec un K!
Appelée aussi Art du déplacement, celle-ci consiste à se rendre du point A au point B en utilisant les obstacles que l'on trouve sur son chemin, que se soit des barrières, des murs et des arbres, selon le créateur de ce mouvement, le Français David Belle (lire ci-contre). <<Tout le monde en a déjà fait, ajoute Kewin. Le fait de passer par-dessus une barrière à l'aide de ses bras, c'est déjà faire du Parkour.>>
COMPÉTITION EXCLUE
Le phénomène prend de l'ampleur lors de la sortie du film Yamakasi, produit par Luc Besson. <<Ce film nous a inspirés. Avant, on faisait des sauts, mais on ne savait pas qu'une vraie discipline existait>>, se souvient Kewin. Lui qui arrive désormais à escalader un immeuble de quatre étages ou à sauter par-dessus une voiture s'y adonne dès qu'il en a le temps. <<On devient très vite accro à l'adrénaline que procure ce sport>>, poursuit-il. Le Parkour est bel et bien un sport, même s'il ne comporte pas d'esprit de compétition. L'entraide y est au contraire privilégiée, le but n'étant pas de faire du Parkour un métier, mais de se faire plaisir. Tous les traceurs du pays restent en contact, grâce à un site internet sur lequel s'échangent conseils et autres propositions de sorties.
UN SPORT DANGEREUX
Sportive, la discipline n'est pas exempte de danger. Il faut donc une bonne condition physique et être sûr de soi avant de sauter dans le vide. Sullivan, par exemple, pratique l'athlétisme à un haut niveau, et Kewin a de nombreuses années de football à son actif. Les bâtiment souffrent-ils de leurs passages? Les deux compères veillent à ce que ce ne soit pas le cas. <<Les concierges ne sont pas toujours ravis de nous voir sur leur toit, mais on fait bien attention de ne rien endommager, même s'il nous arrive d'arracher une motte de terre à l'atterrissage>>, admettent-ils en souriant.
A chacune de leurs sorties, un petit groupe de spectateurs admiratifs - enfants et passants - se constitue rapidement. <<Ça ne nous gêne pas d'avoir du public, tant qu'il reste silencieux. On a vraiment besoin de se concentrer avant de sauter>>. conclut Kewin.
LE PARKOUR UN SPORT URBAIN
Le Parkour, ou Art du déplacement, est une discipline alliant force physique et mentale. Elle a été créée il y a une vingtaine d'années par un jeune Français, David Belle, qui a décidé de créer ses propres chemins dans le milieu urbain, là où personne n'était passé. Barrières, murs, toits ou haies, rien ne l'arrête! Le Parkour se pratique aussi bien au sol que sur les toits. Le film produit par Luc Besson, Yamakasi, sorti en 2001, a braqué les projecteurs sur cette technique pratiquée par des jeunes banlieusards français. David belle a fait des adeptes, appelés<<traceurs>>, dans le monde entier. Cette discipline est présente dans des clips musicaux (Madonna dans son clip Hung up par exemple), dans des films ( le dernier James Bond, Casino royale, lors de la poursuite à pied au début du film) et même dans un épisode de la série TV Les Experts. David Belle a même créé une pub pour la télévision anglaise (BBC). Présent sur les cinq continents, le Parkour a aussi fait des émules sur sol romand: les bâtiments de Moudon, Morges et Neuchâtel, entre autres, ont déjà servi de terrain de jeu pour les traceurs.
Céline Duruz
Merci encore à Céline Duruz pour son superbe article et au photographe dont je ne sais plus le nom LOL.
Kewin et Sullivan